Un Conseil municipal plié à l'avance, des commissions fermées, aucune transparence.

Publié le 5 Avril 2014

Les Putéoliens, en votant UMP-UDI, ont reconduit les mêmes méthodes de gestion. Exit la transparence et l'ouverture à l'opposition. Même Nicolas Sarkozy passerait pour un progressiste de gauche à côté de Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

 Voilà donc le deuxième Conseil municipal terminé. Très tardivement d’ailleurs car il fallait voter. Eh oui, on vote dans un conseil municipal et même parfois à bulletins secrets. Mais rassurez-vous, aucun risque de dérapage, pas le moindre souci qu’un conseiller se mette à "mal voter" ou, pire, s’imagine qu’il peut voter comme bon lui semble. Nous sommes en France et la démocratie n’est pas celle d’Israël, celle d’Allemagne, celle de la Suisse et j’en passe de ces démocraties adultes où le citoyen n’est pas encadré et encore moins l’élu.

Avant même que la séance commence, tout était plié. Les 34 élus de l’UMP-UDI voteront comme un seul élu dans le sens voulu par Madame le Maire. Les 9 élus de l'opposition (les 8 selon la socialiste Nadine Jeanne, qui nie l'existence de l’élu du Front National et ne le compte pas dans l’opposition) ne doivent se faire aucune illusion. Aucun d’entre eux ne sera véritablement représenté dans une commission, la plus simple soit-elle. Quelques strapontins pour les Socialistes, deux présences pour le Centre-Droit et pas grand-chose pour les Grébertistes sera le bilan. Quant à l’élu du Front National, il vota blanc car n’ayant aucun suppléant à proposer. Ainsi donc, à travers leurs élus de tous bords, plus de 8 500 Putéoliens n’auront donc eu aucun retour sur les commissions, phagocytées par la majorité.

Alors oui, les élus ont voté jusqu’à plus soif en sachant que leurs votes ne servaient à rien, seulement à entériner une représentation politique qui fait qu’une liste représentant 35 % des électeurs inscrits totalise 79 % des élus et ne laisse aucune place à l’opposition. Démocratie légale, démocratie de par les lois, mais indigne d’une représentation véritablement démocratique.

Lors des votes, des représentants dans le Conseil d’Administration de l’OPHLM, l’élu du Front National déclara que la transparence y gagnerait ou du moins  que le fait de mettre un membre de l’opposition dans ce Conseil d’Administration pouvait être un message vis des Putéoliens sur la volonté de transparence, qui fut l’un des thèmes de cette campagne. Madame le Maire répondit que la transparence était là. Devons-nous la croire compte tenu des différentes plaintes sur cette non transparence ? La loi est la loi, dit-elle plus loin, quand vous serez majoritaires à l’Assemblée, vous pourrez la changer. Nous étions tout simplement dans le cynisme le plus dur. Bien entendu, la majorité approuva. C’est d’ailleurs la seule chose qu’elle a droit de faire : lever le bras, bien voter et se taire !

Nous avons bien entendu la faible voix de Monsieur Grébert, qui s’est un moment élevée pour défendre la transparence, mais hélas il s’égara dans un délire métaphorique qui partait de la transparence pour arriver aux bacilles en passant par « l’eau saumâtre ». Cela fit sourire au mieux. Comprenant son égarement, il expliqua que c’était une réflexion de poète un peu fatigué. L’OPHLM n’a rien gagné de ces réflexions alambiquées. N’est pas Hugo qui veut et même pour un poète de quartier c’était limite insultant.

Les 8 (3 Grébert, 3 Centre-Droit et 2 socialistes) semblent avoir échangé des listes et fait des propositions. Deux d'entre eux, dont l’élu Vert, sont venus voir l’élu FN, ce qui prouve que l’intelligence existe. Mais rien n’y fit. Les socialistes voulaient le beurre, l’argent du beurre et surtout, en aucun cas, ne trouver un accord avec l'élu patriote.

On vit donc les élus du Centre-droit obtenir une présence à la commission d’appels d’offres et les socialistes obtenir la plupart des strapontins où ils pourront jouer les figurants et ainsi pourront se targuer auprès de leurs électeurs d’avoir une influence. A ce propos, à une demande de faire partie du Conseil d’Administration d’un collège, il leur fut répondu que lors du dernier mandat ils n'étaient jamais venus.

 Dans le jeu politique des socialistes, l’apparence semble plus importante que l’efficacité. Mais l’honneur socialiste est sauf, ils ne se sont pas compromis avec le Front National et ont joué au "Front Républicain" alors même que l’opposition n’a que 9 élus. Le raisonnement est limité nous vous l’accordons, mais nous savons depuis un certain temps qu’avec les socialistes, la raison n’est pas leur qualité première.

Ils ont gémi pour obtenir une place dans l’avion pour aller en Tchéquie pour Madame Nadine Jeanne. Madame le Maire accorda cette faveur aux frais des contribuables. Ce qui permit à l’élu Front National d’affirmer que dans ce Conseil Municipal de Puteaux, l’expression UMPS avait un sens.

Durant ce Conseil, nous avons donc appris que l’indemnité du Maire était de 3 200 € nets mensuels (90 % de l’indice brut 1015 de la grille A). Cela n’est pas extraordinaire pour un Maire qui gère une ville de 44 000 habitants et cela reste responsable d’un point de vue pénal. C’est pourquoi on imagine facilement que d’autres indemnités viendront s’ajouter avec les futures fonctions dans le Conseil communautaire et les nombreuses représentations sur laquelle Madame le Maire s’est fait élire (EPADESA, SYELOM, etc.). Il faudra bien un jour se pencher sur le statut des élus, ce qui permettra d’éviter sans doute ce genre de choses.

Pour les adjoints, c’est plus modeste, quoi que ! Ils vont percevoir 1 200 € par mois. La plupart travaillent et ces indemnités s’ajoutent à leurs salaires. Bien des Putéoliens aimeraient avoir ce revenu. Comme ils n’ont guère de latitudes et de responsabilités, hormis celle de signer, sur orientations du Maire, des tonnes de décisions prémâchées par l’administration, on peut se dire que cela fait tout de même cher de la signature. Rappelons que le SMIC est dans ces eaux-là, et nécessite un travail journalier de 7 h eurespar jour pendant 5 jours. Sans compter le minimum vieillesse qui ne dépasse pas les 800 €. Donc, nous n’allons pas pleurer sur les indemnités des adjoints.

L’élue socialiste en profita (il n’y a pas de petit profit) pour faire une demande d’indemnité allouée à tous les Conseillers Municipaux. La réponse du Maire, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, fut cinglante puisqu’elle estima que c’était en rapport avec le travail accompli par ceux-ci. Les 34 conseillers UMP-UDI ont dû apprécier l’allusion sur leur peu d’engagement au travail. Si toutefois ils ont réalisé l’énormité de cet aveu.

Bref, au bout de quelques heures d’allers et retours jusqu'à l’urne, ou l’élu Front National vota blanc, toutes les commissions furent distribuées dans l’ordre et les noms des participants furent récités selon les désirs de l’édile. Chacun savait à l’avance dans quelles commissions il allait faire acte de présence. Parce que ce n’est que ça, en fait : faire acte de présence, se taire et lever le bras. La messe est dite. Le patron est le Maire et personne d’autre. Le pouvoir à Puteaux ne se délègue pas. Les 34 conseillers de la majorité sont des conseillers potiches. Certains le savent, d’autres vont vite s’en rendre compte.

Toutefois, en fin d’année surtout, la majorité aura le privilège supplémentaire par rapport aux élus de l’opposition, qui seront systématiquement oubliés, d’être invités dans les nombreuses réceptions, jusqu’à plus soif. Ils pourront y accomplir un autre devoir, qui est de lever le bras, mais avec un verre cette fois.

A la fin de la séance, l’élu du Front National Gérard Brazon félicita publiquement Madame le Maire d’avoir omis d’accrocher la photo du Président de la République François Hollande dans la salle du Conseil. Les socialistes n’avaient rien vu tout, préoccupés qu’ils étaient par leur chasse aux strapontins ! Est-ce étonnant ?

Bon, il est vrai qu'en principe, Hollande n’en a plus que pour 3 ans. Oui c’est vrai, c’est long trois ans, mais bien moins que six ans.

Puteaux Bleu Marine

Un Conseil municipal plié à l'avance, des commissions fermées, aucune transparence.

Rédigé par Puteaux Bleu Marine

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