(Vidéo) Entretien avec Gérard Brazon – Conseiller Municipal FN Par Denis Baptiste

Publié le 26 Septembre 2014

L’entretien se déroule à la permanence FN de Boulogne Billancourt. Le 23 septembre 2014. Vous pouvez lire l'interview ou regarder la vidéo en bas d'article.

Puteaux Bleu Marine

Réalisé par Baptiste Denis

Baptiste Denis : Gérard Brazon, bonjour.

Gérard Brazon : Bonjour monsieur.

B.D : Vous êtes conseiller municipal FN à la mairie de Puteaux, ancien RPR-UMP, et aujourd’hui vous êtes rédacteur sur le site Puteaux Libre et fort contributeur au site Riposte Laïque. Vous êtes peu voire pas médiatique comparé à certaines figures du FN, pouvez-vous me raconter votre parcours en quelques mots ? Qui êtes-vous ?

G.B : J’ai commencé une carrière politique il y a une quinzaine d’années à travers une élection qui s’est faite à Puteaux, ensuite conseiller municipal, j’ai été au RPR ensuite à l’UMP et progressivement j’ai pris conscience de ce qui allait et de ce qui n’allait pas. J’ai pris conscience de l’immigration, de l’islamisation de mon pays, etc. A ce moment là j’ai aussi créé un blog qui ne voulait pas à l’origine avoir une grande diffusion, mais tout simplement pour pouvoir dire ce que je pensais. Et puis ça a marché, je suis aujourd’hui à 2000-2500 visiteurs unique par jour, ça devient assez important puisqu’il est dans les 30 premiers blogs francophones lus, je suis assez content de ça, il n’y a pas de fierté particulière mais je suis assez content de ça. Et puis ça m’a amené à travailler pour Riposte Laïque, Pierre Cassen le patron du site m’a proposé de travailler pour eux, j’ai bien entendu accepté puisque ça correspondait tout à fait à la vision que je défends de mon pays et la peur de l’islamisation de mon pays. De ce fait j’ai aussi rejoint l’association Résistance Républicaine, que j’ai quitté pour des différends personnels. Et de ce fait, prise de conscience politique, j’avais quelques doutes sur l’UMP mais petit à petit à partir de 2007 j’ai réalisé qu’on s’était bien fait avoir. Trahison de Nicolas Sarkozy sur ses promesses…

B.D : D’où le changement de bord de l’UMP au FN…

G.B : Oui complètement. Ce que je dis souvent, c’est qu’il faut faire un choix avec soi-même. Soit on accepte la compromission, on ne veut pas avoir l’air d’un traître ou autre, soit on accepte de se regarder droit dans la glace et on veut être droit dans ses bottes. Moi j’ai choisi d’être droit dans mes bottes. J’ai abandonné le navire UMP qui était encore flamboyant à l’époque mais je voyais bien qu’il n’était plus dans la ligne patriote, dans la ligne nationale, dans l’idée que je me fais de la France, « une certaine idée de la France » comme disait le Général de Gaulle. Il n’était plus là dedans (Nicolas Sarkozy), ne serait-ce que le référendum de 2005 qui a été pour moi un véritable choc, puis le traité de Lisbonne en 2008 je ne l’ai jamais accepté et je n’ai jamais pardonné à Nicolas Sarkozy. Petit à petit, le chemin a fait que je n’étais plus UMP.

B.D : Certains ont fait le chemin inverse, Guillaume Peltier est passé du FN à l’UMP par exemple, comment explique –t- on le trajet opposé au votre ?

G.B : Et bien moi, je suis quelqu’un qui a toujours été un syndicaliste, j’ai fait 25 ans de syndicalisme, je sais ce que c’est de défendre la condition ouvrière…

B.D : Mais vous critiquez fortement la CGT et Sud sur votre blog…

G.B : Oui car pour moi ce sont des traîtres à la cause ouvrière. Ce ne sont pas des gens à la hauteur de leur mission, ils travaillent dans leur intérêt pas dans celui des travailleurs. Etre dans l’intérêt des travailleurs c’est travailler pour la France, c’est travailler pour qu’ils aient du travail. J’étais dans le monde syndicaliste, j’ai rencontré les gens de la CGT. J’ai une anecdote que je raconte souvent : Quand on faisait de grandes réunions en interne, on avait des bouteilles de la marque « Cristaline ». Ils cachaient le mot « Cri », c’était de la provocation, c’était Staline, j’étais outré ! A un moment donné, où est le travailleur là dedans ? J’ai maintenant une petite animosité, peut être forte animosité, envers ces gens qui se déclarent défenseurs des travailleurs alors qu’ils ne défendent que leurs propres intérêts politiques et idéologiques, ce qui n’a rien à voir.

B.D : J’ai lu certains de vos articles, c’est assez intéressant car vous mêlez la politique, la réflexion, la philosophie, ce n’est pas que de la politique pure. Des articles m’ont interpellé, l’un s’appelle « J’en ai marre des cons » avec une photo de François Hollande complètement trempé.

G.B : Elle est drôle cette photo !

B.D : Je sais pas si elle drôle mais elle est emblématique en tout cas. Dans cet article vous parlez des « cons », ce sont vos mots, vous en parlez sans jamais les citer. Aujourd’hui, de quels « cons » parlez-vous ?

G.B : Pourquoi je ne cite pas ? Je pourrais très bien tomber dans le trivial, dans le vulgaire… J’ai pas envie de faire ça. Je vais vous donner un mot qui va me définir : Je me vois comme une sentinelle. Une sorte de veilleur en haut d’un phare et qui gueule. Mais au fond c’est vous qui allez choisir, c’est vous qui allez décider si vous allez au bout ou pas. Je n’ai pas la prétention de dire que je suis celui qui a la vérité, je n’ai pas la vérité, je vais pas vous faire du Kant… On a notre vérité et je crois en des choses toutes simples, et je tire l’alarme, je donne l’alerte. Je montre Hollande bien sur, l’image type, trempé, pas du con, car il n’est pas plus con qu’un autre…

B.D : Il s’en était défendu lors de sa conférence de presse, du fait qu’il soit trempé ce jour-là. Un second article s’appelle « Merci la Belgique pour cette victoire face à l’Algérie », vous faites référence à la coupe du monde de football. Et juste après vous dites « Je fuis tout ce qui rapporte au football en général ». Pourquoi remercier un pays qui n’est pas le votre si vous n’aimez pas le football ?

G.B : C’est le lien qu’il y a avec l’Algérie, avec ce que j’appelle « les français de papier » qui se sentent plus algérien que français. C’est surtout une façon de dire que si l’Algérie avait gagné, on se serait retrouvé je crois en demi-finales, et j’avais franchement la trouille de ce qui allait se passer en France si malheureusement l’Algérie avait battu la France ou le contraire. Je pense qu’en France on aurait vécu quelque chose de dramatique. C’est triste car les français devraient être heureux de gagner un match, on ne sait pas trop si ils sont français parce qu’ils aiment la France ou si ils aiment que la France soit battue. Le problème c’est qu’on sait pas… Je me suis alors dit merci la Belgique, vous nous avez évité ça.

B.D : Juste après ça, vous dites que vous pensez « qu’Allah était plus occupé à tuer des infidèles plutôt que d’aider les joueurs qui le prie sur le terrain ». Et vous terminez sur « L’Algérie a perdu, vive la Belgique ». Vous vous servez du football pour faire de la politique, vous n’êtes pas le seul, mais pourquoi lier un mouvement ultra-fédérateur comme le football et un qui divise la population comme la religion ?

G.B : C’est vous qui dites que c’est un mouvement rassembleur. Je ne suis pas convaincu que le foot soit le sport qui rassemble. Ce qui me dérange n’est pas le foot en tant que jeu avec ses règles, ça ne me dérange pas. Ce qui me dérange est ce que devenu le foot aujourd’hui à travers le fric, la politique, l’utilisation de l’image du foot quand je vois un Ribéry qui fait sa prière sur un terrain, je suis choqué…

B.D : A ce moment-là, si vous êtes choqué par ça, que pensez-vous d’un joueur argentin par exemple faisant le signe de croix en rentrant sur le terrain ?

G.B : Je ne pense pas que ce soit non plus utile de faire un signe de croix parce qu’on a marqué un but, je ne vois pas trop l’intérêt non plus. Ça me gêne tout ça, tout ce qui est religieux dans le sens qu’on applique la religion jusqu’au bout. Entre un joueur qui fait le signe de croix et qui s’en va et quelqu’un qui se met à part et reste 5 minutes à faire sa prière, il y a un bel écart quand même.

B.D : 5 minutes, c’est exagéré quand même…

G.B : Mais je crois qu’il y a une part de provocation. C’est plutôt ça qui me gêne, le fric aussi quand je vois toute la misère… J’ai vu des fiches de paie, pendant la campagne municipale, j’ai rencontré des gens qui avaient 950€ à la fin du mois, ils n’avaient même pas encore payé leur loyer. Des loyers à 350 ou 400€ dans ma ville ça existe, c’est pas énorme, mais c’est énorme quand ça représente la moitié de votre salaire. Quand je vois ce Benzema qui se balade dans une bagnole de 2 millions d’euros… Vous imaginez ce que c’est 2 millions d’euros ? C’est incroyable, c’est inimaginable… Benzema, j’ai envie de lui dire : T’as pas honte, mec ?

B.D : Juste une dernière question sur ce sujet et je passe à l’actualité 2014… Si vous aviez les moyens d’acheter cette voiture à 2 millions d’euros, vous le feriez ?

G.B : Non. Très honnêtement non. Je crois qu’il y a tellement d’autres choses à faire.

B.D : Vainqueur en France mais perdant en Europe, le FN a –t- il remporté les élections européennes car les français les sous-estiment ?

G.B : Je crois pas, ce n’est pas pour cirer les pompes de Marine Le Pen, c’est pas mon genre d’ailleurs. Je suis adhérent au FN depuis deux ans, je suis un adhérent de conviction et très honnêtement je crois que c’est maintenant une vision de conviction, les français commencent à bien comprendre ce qui se passe, ils ont été trahis par l’UMP, cette fameuse droite qui n’est pas une droite. Ils ont été trahis par la gauche, ils le voient bien. Ils sont pas idiots, prendre les français pour des imbéciles c’est les insulter. Maintenant ils comprennent. Vous avez une machinerie journalistique, médiatique, qui est toujours en train d’appuyer là où c’est censé faire mal. Sauf que ça fait plus mal. Les français ont maintenant compris que c’est une utilisation mesquine d’affaires ou de ce qu’il s’est passé il y a 30 ou 40 ans avec le FN. Je ne me sens pas concerné par ce qu’il s’est passé à l’époque de Jean Marie Le Pen, c’est du passé. C’est une autre époque, je suis un convaincu de Marine Le Pen, c’est quelqu’un qui doit prendre le pouvoir.

B.D : Pour vous, Marine Le Pen est-elle prête à prendre la tête de la France ?

G.B : Je crois qu’elle a les qualités, la capacité, la force… Elle a surtout le courage et la ténacité de le faire. Quand j’ai croisé Marine Le Pen la première fois, c’était en 2012, j’avais quitté l’UMP depuis 2 ans et je me suis dit que j’allais l’écouter. Ce qui m’a le plus choqué, c’est le comportement des journalistes vis à vis de cette femme, qui a eu un comportement par contre envers ces journalistes d’une rectitude, d’une rigueur, d’une grande patience et d’un grand calme. Me connaissant, j’aurais commencé par en étrangler une ou deux. C’est une image bien sur. Marine Le Pen est restée stoïque et elle a répondu. Alors je me suis dit que c’était quelqu’un qui a de la moelle.

B.D : En cas d’élection en 2017, pourra –t- elle obtenir une majorité au Parlement ?

G.B : Il y a une tendance régulière, à chaque fois qu’un Président a été élu, la majorité était la même aux élections législatives. Je pense pas qu’il y ait un changement profond dans ce rythme. On élit un président et la majorité qui va avec et en principe ça coule.

B.D : Elle aura suffisamment d’effectifs pour former cette majorité ?

G.B : Je vais être un peu cynique mais elle aura une structure pour démarrer mais je ne doute pas tous ceux qui l’ont critiquée ou qui sont en retrait pour ne pas être taxés de frontistes se précipiteront à l’Elysée pour offrir leurs services. Tous ceux qui caressent le dos et qui brossent les vestes, il y en a plein, seront j’espère de bonne qualité et peuvent être utiles à la nation. Après tout, du moment qu’ils n’ont pas la main, on les utilisera, ils feront leur métier, et j’ai très confiance en l’administration, je pense que l’administration sera fidèle et même si il y a un changement de courant politique, l’administration restera fidèle à son travail, j’y crois vraiment.

B.D : Jean Marie Le Pen peut-il être un boulet pour sa fille lors de prochaines élections ?

G.B : Pour moi c’est quelqu’un que je connais pas véritablement parce que je l’ai jamais rencontré, je n’ai jamais discuté avec lui. On s’est croisé sans qu’il fasse attention à moi, je suis qu’un petit au FN, il est passé à côté de moi sans m’avoir vu. Bien sur ça me fait suer quand j’entends l’utilisation l’un de ses propos volontairement pour détruire Marine Le Pen…

B.D : Disons le très clairement, la dernière fois il a parlé de four et de juifs, ce sont les mots qu’il a prononcés. Pour redorer l’image du parti, il n’y a pas pire.

G.B : Par contre je suis certain d’une chose, c’est qu’il n’est pas antisémite et pas du tout raciste, j’en suis certain. Sa carrière fait qu’on s’aperçoit qu’il n’est pas raciste. La gauche appelle « raciste » toute personne qui a émis une opinion un peu différente. Par contre il a un putain de caractère, il aime dire ce qu’il aime dire et parfois sans trop prendre de précautions et les médias aiment les choses croustillantes et enrobent ça de piment pour que ça pose problème à l’ensemble du FN. Il a un vrai caractère, il est pas facile. Mais je me souviens d’une chose où je suis admiratif, déjà il a une culture que très peu d’hommes politiques français peuvent se targuer d’avoir. Quand on voit la nullité de certains aujourd’hui qui ne connaissent même pas leur histoire, ni même les origines de la France, je préfère ne même pas leur parler de Clovis… L’homme est très cultivé, c’est quand même l’homme qui était député à l’Assemblée Nationale, démissionne en 1956 pour s’engager dans l’armée pour aller en Algérie. On dira ce qu’on voudra mais trouvez moi un député français aujourd’hui qui abandonnera ses indemnités pour aller défendre la patrie. Je pense que vous allez chercher très longtemps car ils n’ont plus de courage. J’utilise sous cette phrase : « Ils ont les mains blanches ». Mais ils n’ont pas de main… C’est facile de dire les choses, de critiquer, c’est très facile. Mais lorsque vous êtes confronté à la réalité, est ce que vous allez le faire ? J’en suis pas convaincu. La plupart des députés n’ont pas le courage d’un Jean Marie Le Pen qui a démissionné et qui a été faire son devoir national en Algérie. Encore une fois je pense que Jean Marie Le Pen c’est Jean Marie Le Pen, moi je suis rentrée au FN pour Marine Le Pen, pour ce qu’elle représente, pour son vrai désir de prendre un jour le pouvoir, pour son idée de la France, du patriotisme, de la souveraineté et de ce qui fait la gloire de la France. Parce qu’on existe, on ne peut pas se permettre que la France s’estompe dans une espèce d’Europe où il n’y a plus rien. C’est pour ça que je suis avec Marine Le Pen, j’y crois.

B.D : Merci Gérard Brazon d’avoir répondu à mes questions.

Rédigé par Puteaux Bleu Marine

Publié dans #Front National

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