Comment faire confiance à des politiques qui mentent ou travestissent la vérité.

Publié le 1 Mai 2014

Il nous est demandé régulièrement de croire sur parole nos politiques. Les journalistes, quasiment tous complaisants relaient cette demande puisqu’ils refusent de poser les bonnes questions, celles qui fâchent.
La première d’entre-elles concerne par exemple les indemnités de ces « chers » élus par rapport à leurs productivités réciproques. Les accumulations de ces indemnités, les « jetons de présence » dans les différents Conseils d’Administration, pour les politiciens honnêtes. Il y a le népotisme qui n’est pas illégal non plus, les faveurs des amis, les prises en charge de voyages aux frais des contribuables sous le prétexte de villes jumelées, de faire prendre l’air aux enfants scolarisés en Chine, aux Etats-Unis, ou ailleurs suivant les envies et les désirs des élus, la richesse de la ville, etc. Sans compter les prises en charge des chauffeurs, des voitures, des appartements de fonction pour certains, des repas de haut niveau journalier avec services particuliers fournis par la Mairie, le Conseil général, régional, et j’en passe. Tout ce qu’un citoyen lambda, un salarié smicard ou pas et même un cadre moyen ou supérieur n’imaginent même pas.
Il nous est demandé de croire sur parole des politiques dont l’on peut chaque année constater à la courbe de leur embonpoint ou de leurs cures d’amaigrissement qu’ils ne se portent pas si mal. Un embonpoint qui n’est pas dû au fait qu’ils mangeraient trop de pâtes, de pommes de terre, de soda trop sucré, d’hamburgers indigestes, de nourriture bon marché, pris vite fait et à moindre coût. Loin de ces vins fins et de ces mets délicats que nos chers élus prennent dans des restaurants aux alentours des Assemblées diverses et variées. "A chacun ses moyens" me direz-vous, sauf que les uns paient tout, y compris le paquet de chips, et les autres sont à la charge des contribuables. Déjà je sens poindre l’accusation de « populiste ». J’ai honte ? Même pas… j’aime bien cette expression puisqu’elle vient de la bien-pensance.
Alors oui, sans doute qu’il y a des élus honnêtes, droits, honorables, qui n’abusent pas. Mais la chair humaine est faible et je continue de penser que ce n’est pas l’homme qui est véritablement responsable, même s’il peut contrôler sa faiblesse d’âme, mais le système qui permet à ces élus de vivre comme des millionnaires alors même qu’ils n’ont jamais créé aucune entreprise, ni même pour l’immense majorité, travaillé dans une entreprise où la rentabilité rime avec la productivité, la liberté avec la responsabilité, le bénéfice lié intrinsèquement avec la bonne santé de l’entreprise, et donc de son management et de ses ventes ou achats. Je pense à ces étudiants qui ont eu François Hollande comme prof d’économie. C’est tout dire.
Il nous est demandé de croire ces politiques reçus dans les studios de radios et de télévision le plus souvent bien bronzés, bien nourris et d’écouter sagement la bonne parole d’excuse et surtout les efforts que vous devez faire pour résorber un déficit dans lequel vous n’avez aucune responsabilité, contrairement à eux-mêmes qui ont tout voté pour le creuser.
Tout cela servi par des journalistes qui y trouvent forcément un intérêt. Nous savons tous désormais les liens quasi familiaux qui unissent la profession de journaliste avec celle de politiciens.
Elu Conseiller Municipal, j’ai pu constater que cela débute dès la première assemblée par la distribution des différents postes et autres fonctions dans les Conseils d’administration. Si vous ajoutez une deuxième assemblée de type communautaire, vous assistez à une deuxième distribution de postes juteux, qui ne vous obligent pas à être posté à l’usine du coin.
On peut donc constater qu’un homme qui n’a pas brillé par son activité peut par exemple se retrouver Adjoint au Maire, Vice-Président et Conseiller général, sans pour autant se retrouver écrasé par le labeur, et pourtant s’approcher au minimum des 7 000 € mensuels visible par le commun des contribuables pour peu qu’il sache additionner les indemnités déclarées. Notez que cet élu est un élu lambda. Je ne parle pas des superstars de la politique qui sont écrêtées tant les indemnités s’accumulent sur leurs pauvres comptes en banque.
Pour ceux qui travaillent chaque jour, postés ou non, qu’ils gagnent 1 200, 4 000 ou 8 000€ par mois, suivant leurs responsabilités, tous savent qu’ils doivent à l’entreprise et qu’ils doivent justifier leurs salaires. Pour le politique, point de tout cela, il lui suffit d’obéir au Parti, de voter dans le bon sens, de préparer à l’avance les excuses devant le petit peuple, serrer quelques mains, faire la bise au dernier né, boire le coup au bistrot du coin et c’est reparti pour un tour. Le bon peuple n’est pas rancunier. le bon peuple est généreux et ne demande qu’a être rassuré. Le bon peuple n’a surtout pas de mémoire politique, car s’il en avait une, il y a belle lurette qu’il aurait jeté à la mer ces capitaines d’opérette, ces sangsues qui le pompent chaque jour et décident ce qui est bon pour eux et non pour lui.
Il nous est donc demandé de baisser la tête, de fléchir le genou devant des femmes et des hommes qui nous affirment que tout a été fait, que personne d’autre ne peut faire mieux qu’eux et que surtout, il ne faut pas changer de système, de cap, de personnel politique.
Une fois la bénédiction dite par le journaliste du coin, la page est tournée et on passe au déraillement du train, l’avion qui s’écrase, la sécheresse ou l’inondation du moment… Le peuple peut aller se coucher, soulagé de ne pas avoir subi cette catastrophe terrible, d’autant que le journaliste n’a pas oublié de faire une rétrospective des catastrophes précédentes sur les trente ou quarante dernières années pour alourdir le sujet. Le bon peuple va se coucher en se demandant tout de même comment il va pouvoir payer son loyer, en gardant au fond de lui la peur de perdre son boulot. Le retraité va se coucher en se demandant comment il va pouvoir économiser sur sa maigre pension, la demi-baguette de pain. Le bonheur en fait… à l’aune de l’information télévisée et du discours politique. Le bonheur, ou du moins l'idée qu’ils s’en font, et qui n’a rien à voir avec celui des politiques et des journalistes. A titre d’exemple:
Un appel d’offres pour « fourniture et livraison de denrées alimentaires pour les services d’intendance de l’hôtel des ministres et du cercle des directeurs des ministères économiques et financiers » a été lancé le 28 mars dernier par Bercy. Il s’élève à 754 500 €, soit : « viande bovine, ovine, porcine, veau et produits tripiers » : 95 000 € ; « volaille » : 24 000 € ; « charcuterie » : 14 500 € ; « fromages et crèmeries » : 43 000 € ; « boulangerie » : 19 000 € ; « produits de la mer » : 152 000 € ; « fruits, légumes et jus de fruits frais » : 156 000 € ; « produits frais et surgelés » : 143 000 € ; « enfin, mignardises, macarons, chocolats fin, mini-pièces salées apéritives » : 14 000 €.
Soit à la louche, l’équivalent de 754 000 SMIC environ, ou 63 smicards le percevant mensuellement pendant un an. Je vous épargne le minimum vieillesse. Sans compter les salaires de ceux qui vont préparer tous ces plats. C’est vrai finalement que je suis un salaud de populiste totalement démagogue. Mais bon, ce n’est pas encore interdit… A ma décharge, et pour mémoire, ce que je conteste, c’est l’utilité de ces bouches à nourrir au frais de l’Etat. Rien de plus, mais rien de moins non plus.
Gérard Brazon (Le blog)
Comment faire confiance à des politiques qui mentent ou travestissent la vérité.

Rédigé par Puteaux Bleu Marine

Publié dans #Politique

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