Une démocratie bien à la peine dans notre beau pays de France.

Publié le 26 Mars 2014

Une France des droits de l’homme en façade, une terre de démocratie en trompe l’œil. Il faut avoir fait une campagne pour comprendre la réalité et la vitalité d’une démocratie.

Je suis au regret de constater que notre démocratie française n’est en fait qu’un trompe l’œil pour badauds insouciants. Pour "citoyens" inconscients. Notre démocratie n’est pas malade, elle n’existe qu’en façade. Mais sans doute cela explique la montée de l'abstention. Hélas, j’eusse aimé me tromper.

Comment ne pas me souvenir de ce slogan que je jugeais imbécile du style « Elections piège à cons », à laquelle répondait l’inévitable « Tous pourris » ?

Après un an de campagne, des kilomètres de marches et de distributions dans les  boîtes aux lettres, de longues conversations avec les citoyens dans la rue ou chez eux, des centaines d’heures de présence sur les marchés, les milliers de sourires ironiques au début, puis encourageants par la suite. Les regards fuyants et d’autres solidaires. Rarement agressifs.

Nous avons rencontré tant de misère et de détresse dans cette ville si riche qu’est ma ville de Puteaux dans les Hauts de Seine et qui dépense sans compter en festivités et en constructions fastueuses démesurées comme cette dernière folie qu’est le conservatoire de 600 places consacré aux arts lyriques et à la danse classique pour une ville de 44 600 habitants. Nous avons découvert tant de Putéoliens qui vivent dans des HLM parfois rutilants en surface, misérables en équipements ou dénués d'entretien. Nous avons rencontré tant de citoyens qui, à tort ou à raison, sont persuadés que le maire peut les jeter à la rue... ou s'en prendre au peu qu’ils ont. La peur, cette vilaine conseillère qui tétanise et interdit la libre expression. Ont-ils voté tous ces invisibles, ces oubliés des salons dorés de la Mairie ? 36  % d’abstentions. 10 988 électeurs qui ne se sont pas déplacés.
Nous avons eu de la part des tenants de la municipalité sortante des manœuvres politiciennes quand ce n’était pas tout simplement de l’obstruction lors de la constitution de notre liste. Pannes informatiques, mises à jour, contacts avec les colistiers pour leur expliquer le bonheur de vivre à Puteaux, et sans doute les inconvénients possibles de ne pas l’affirmer clairement, haut et fort, en retirant sa candidature quelque peu gênante pour le pouvoir UMP en place. La loi l’interdit. Les peines sont doublées pour les fonctionnaires. Qu’importe.

Rien ne nous aura été épargné, des tracts glissés dans les boîtes aux lettres qui disparaissent comme par enchantement, des affiches recouvertes à peine une heure après que nous les ayons mises. Jusqu’aux tags sur nos affiches le jour-même de l’élection par des hommes casqués en scooters blancs. Des regards, des témoins ? Oui bien sûr, mais pas de déclarations, pas de plaintes. On ne veut pas d’histoires avec qui que ce soit. La vitalité de la démocratie passe par les deux roues et la bombe de peinture. Elle trépasse sous les petites peurs. Ont-ils voté pour protester contre ces méthodes ?

Où était passé la Police nationale, qu'a-t-elle fait des bandes vidéos des caméras de surveillance de la Police municipale ? Où sera la justice ? La première est intervenue très rapidement le dimanche matin pour… interdire de recoller des affiches souillées à l’approche de l’heure d’ouverture des bureaux de votes. Elle refusa d’intervenir lorsqu’un prosélyte islamiste appelait à voter pour le Maire sortant devant un bureau de vote. J’ai déposé plainte sans grande conviction. Pour témoigner.

"Elections pièges à cons", ce slogan d’extrême gauche ne cessait de revenir comme une obsession. Ce fut une profonde déception de réaliser à plus de soixante ans, que je vivais dans un pays où la démocratie n’était qu’une façade pour consommateurs de bandes dessinées pour enfants.

Certes, je savais que des bandits et des voleurs se faisaient réélire. Que de ce fait, ils pouvaient commander les gendarmes et la police. Qu’ils pouvaient mentir la main dans le sac et l’autre sur le cœur. Je savais que des monarchies républicaines existaient dans nos villes et départements. Je savais que les médias étaient en service commandé. Ils ont leurs favoris et la droite nationale n’est pas leur tasse de thé.

Bien sûr que ces femmes et ces hommes politiques ne sont pas des saints. Qu’ils trichent plus souvent qu’ils ne montent à l’échafaud judiciaire. Cet échafaud qui ne coupe plus rien dans une carrière politique.

Certes,  je savais que certains juges avaient bâti un « mur des cons », que d’autres ne faisaient pas de vagues, que des policiers courbaient l’échine. Je savais tout ça. Je ne suis pas tout à fait idiot.

Mais là je l’ai vécu. Je l’ai pris en pleine figue. J’ai vu les regards, j’ai entendu des réponses, j’ai déposé des plaintes, j’ai constaté la réalité. Je ne l’ai pas lu, entendu, je l’ai vécu et cela change tout.

J’ai vu un grand vide derrière les mots. Des abîmes derrières les déclarations. J’ai constaté l’impuissance des uns, l’arrogance des autres. J’ai palpé le mépris des lois dont ils savent qu’au fond, elles ne s’appliqueront pas pour eux. Les conséquences du Code électoral sont moins pénibles que celui du Code de la route. J’ai songé aux électeurs et à la fable le Loup et le Chien. Elle trottait dans ma tête comme une évidence. Napoléon III disait aux sénateurs lorsqu’ils étaient effrayés par ses lois sociales : « n’ayez pas peur du peuple, il est plus conservateur que vous ».

J’ai songé à ces électeurs qui, sachant qu’ils avaient un maître, ne voulaient pas pour autant abandonner le collier et être libre de choisir la liberté. Au moins le jour d’une élection. Beaucoup ont léché la main et sont partis satisfaits.

Au soir des élections, j’ai pu entendre des « on a gagné » pour féliciter le mensonge sur les taxes et les impôts, la démagogie, l’outrance. Pour finalement admettre la subvention déguisée pour l’association cultuelle islamique sous le regard ravi de l’imam du coin et sous les youyous des voilées, des courtisans, des quémandeurs et autres clients. Quant à la démocratie… au bon déroulement juste et équitable ?  Quelle importance, n’est-ce pas? Il paraît que la démocratie a prononcé son verdict. Avec 35 % des électeurs inscrits, le Maire aura 79 % de conseillers municipaux. Même Vladimir Poutine que nos médias vilipendent n’aurait pas osé ce système de la démocratie française.

Gérard Brazon

Une démocratie bien à la peine dans notre beau pays de France.

Par appétit de pouvoir, de gloire ou de richesse, ces gens voient plus d’avantages à sacrifier leur Liberté qu’à la défendre. Une fois l’habitude établie, l’état de servitude ne se perçoit même plus.

(Discours sur la servitude)

Rédigé par Puteaux Bleu Marine

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