La démocratie en berne à Puteaux

Publié le 29 Mars 2014

 

Triste spectacle le 28 mars 2014 au premier Conseil municipal de la mandature 2014-2020

Désireux d’assister au premier Conseil municipal de la nouvelle mandature, qui devait commencer à 19h30, je me suis présenté à la Mairie, rue de la République, en compagnie d’un autre patriote, avec 50 minutes d’avance. Lorsque nous sommes arrivés, un agent d’accueil nous a demandé l’objet de notre visite, nous lui avons répondu que nous voulions assister au Conseil municipal et il nous a répondu que l’entrée se faisait par l’autre côté de la Mairie, en face du bassin de la place de l’Hôtel de Ville. Cependant, lorsque nous sommes arrivés de ce côté, nous avons trouvé les portes de la Mairie closes et aucun policier municipal pour nous renseigner. Quasiment certains de trouver une place puisque nous étions les premiers arrivés, nous avons décidé d’attendre calmement. D’autres personnes sont arrivées après nous, notamment quelques socialistes. Au bout de 15 minutes, un policier municipal nous a ouvert les portes de la Mairie. Nous avons monté les escaliers de la Mairie pour nous rendre à la tribune des spectateurs du Conseil municipal. Et là, surprise !

Nous qui pensions être les premiers arrivés, nous avons vu dans la tribune une douzaine de personnes déjà installées, et d’autres sièges déjà réservés ! Un parterre de partisans soigneusement sélectionnés pour ovationner l’intronisation de la Reine et du Dauphin. Une quinzaine de personnes sur une salle qui comptait moins de 30 places. Bien sûr, les courtisans avaient pris les meilleures places. Nous supposons donc qu'ils avaient reçu le privilège d’arriver dans la salle avant les autres, en entrant par la rue de la République. Les autres étaient orientés vers l’autre côté de la Mairie.

La nouvelle mandature commençait bien…

Mais ce n’est pas tout ! Quelques minutes après notre arrivée, d’autres courtisans sont arrivés et ont distribué à ceux déjà présents des ballons bleus et blancs pour marquer leur soutien. Des ballons qui nous ont encore plus empêchés de voir le Conseil municipal.

L’ordre du jour de la séance était l’intronisation du Maire et des adjoints. Les courtisans ont acclamé à tout rompre à de multiples reprises, oubliant comment elle en était arrivée là :

  • L'historique, les 45 ans de règne.

  • Un mode de scrutin inéquitable aux élections municipales, maintenu par et pour l’UMPS et ses alliés, qui permet à l’UMP et à l’UDI d’obtenir 79 % des sièges du Conseil municipal avec seulement 35 % d’électeurs inscrits

  • Les intimidations contre certains candidats de la liste Puteaux Bleu Marine, qui ont été contactés de façon illégale et « priés » de se retirer de cette liste

  • Les pseudo pannes informatiques et les pseudo maintenances alors que Gérard Brazon, tête de liste Puteaux Bleu Marine, venait demander les d’attestation d’inscription de ses colistiers sur les listes électorales, document indispensable pour que leur candidature puisse être validée par la Préfecture des Hauts-de-Seine

  • Les disparitions de tracts des adversaires de la Reine dans les boîtes aux lettres.

  • Les tags sur les affiches électorales de la liste Puteaux Bleu Marine (à quoi sert la vidéosurveillance ?)

  • Le clientélisme.

Beaucoup de Putéoliens ne savent sans doute pas tout cela, mais d’autres le savent et ne s’en moquent. Pour preuve : les propos d’un militant de l’UMP placé à côté de moi dans la tribune. Je lui ai fait remarquer que les services de la Mairie avaient contacté des colistiers pour les inciter à se retirer de notre liste (voir article 116 du Code électoral). Ce à quoi le courtisan m’a placidement répondu : « c’est la vie ». Belle conception de la démocratie et de la politique ! Le Maire a préféré ne pas du tout répondre sur ce sujet, malgré la déclaration de Gérard Brazon qui l’interpellait dessus. D’ailleurs, elle n’a répondu à aucun point de cette déclaration, tant la vérité de ce texte était criante. Pour clore chacune de ses réponses à ses adversaires, la Reine a déclaré que les électeurs avaient tranché. Le débat est-il interdit pour autant ?

Autre perle de la soirée, Madame Ceccaldi-Raynaud a eu le culot de citer Mère Térésa, alors que nous avons rencontré des habitants qui nous ont témoigné des injustices dont ils étaient les victimes. Deux exemples: 

  • Une mère âgée et malade cherche depuis 2008 à reloger désespérément son fils. Âgé d’une cinquantaine d’années et en situation de sous-location dans un studio insalubre dans le privé, il est expulsable à tout moment. Mère et fils sont en invalidité et ont de faibles revenus. Cet homme n'a pourtant reçu aucune proposition de logement social en 6 ans.

  • Une autre mère se bat pour le relogement de son fils handicapé, mineur au moment du décès prématuré de son père, avec lequel il occupait un 3 pièces. Depuis plus de 6 ans, contrairement à la loi de juillet 1989, l’OPHLM s’acharne à refuser de transférer le bail de cet appartement à cet handicapé placé sous curatelle, en considérant que les conditions de surface d’occupation et de ressources sont insuffisamment réunies, et ce bien que les garanties de revenus communiquées par la curatelle mandatée par un juge soient connues de l’OPHLM.

Autre élément marquant de la soirée, le Maire a promu son fils en le nommant maire-adjoint chargé des finances, du personnel communal, de l'urbanisme, du logement, de l'éducation et de la culture ! La succession est en marche !

Pour finir, les propos d’une militante de l’UMP : « si vous n’êtes pas contents, dégagez de notre Mairie ! ».

Est-ce cela la "victoire de la démocratie" annoncée par Ceccaldi-Raynaud le soir de sa réélection ?

 

Le ridicule ne tue pas...

Le ridicule ne tue pas...

Rédigé par Puteaux Bleu Marine

Repost 0
Commenter cet article